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 assis au fond du bar, perdu dans le brouillard. (novamour)

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satellite heart
MessageSujet: assis au fond du bar, perdu dans le brouillard. (novamour)   Sam 17 Fév - 12:55

rage.
colère.
déception.
une trop grande partie de la journée éviscérée… et tout ça, pour rien.
les informations viennent à manquer. l'impression de ne pas avancer.
les poings abîmés. l'adrénaline qui dévore les muscles, se repaît du sang épais.
les yeux défoncés.
le manque de sommeil qui commence à peser.
inspiration. expiration.
peur.
inspiration. expiration.
colère.
inspiration. expiration.
frustration.
inspiration. expiration.
déception.
maelström d'émotions négatives qui crée un cocktail molotov à l'intérieur de l'estomac, à l'intérieur du cœur déjà trop abîmé par les années.
mads, c'est pas ses poumons qui vont le lâcher en premier à cause du nombre de clopes décrépies entre ses doigts ; c'est son palpitant, trop décimé par les coups portés, trop défoncé par la marâtre indigne.
la cagoule noire…
entité malveillante qui sévit dans les environs. entité malveillante qui n'a plus été aperçue depuis l'émeute autour du corps sans vie de ray jones. némésis d'un mads en plein complexe du héros, après une vie de dépravation et d'abandon de soi.
il a besoin, mads, de le trouver.
il a besoin, mads, de le débusquer.
ça lui donnera l'impression d'avoir été utile. d'avoir, pour la première fois de sa vie, fait quelque chose de bien. peut-être même que maman…
peut-être qu'elle pourrait lui pardonner.
d'avoir été un enfant-péché.
il comprend pas pourquoi, mais maddox a besoin de sa reconnaissance. un fait qui n'arrivera jamais, peu importe les efforts faits… mais l'espoir n'a toujours pas quitté le myocarde idiot et bercé d'illusions enfantines.

le corps dévasté, l'esprit brumeux à cause des litres d'alcool ingérés, les poings sanguinolents et le cœur en branle, mads arrête sa bécane devant chez lui.
ça lui écorche toujours les organes de se dire qu'il a construit ça tout seul. pour lui. pour… quelqu'un qui mériterait de partager sa vie (malgré le peu d'élans romantiques qui parviennent à faire chavirer son cœur. malgré l'idée que personne ne puisse être fait pour lui, que les femmes ne soient pas assez fiables ou dotées d'amour pour le contenter). ça l'écorche d'autant plus qu'il la partage avec nova.
elle est belle, nova.
la première fois, il était persuadé d'avoir rencontré un ange.
d'avoir trépassé, enfin, comportement autodestructeur l'ayant mené aux portes du paradis ; un fait qu'il n'aurait jamais envisagé, persuadé de mériter les cornes et la queue fourchue ainsi que le brasier fumant et lancinant.
ses yeux pales qui le dévisageaient. ses yeux pales qui le contemplaient. ses yeux pales qui lui donnaient l'impression de compter.
jusqu'à la bombe.
jusqu'à l'annonce.
jusqu'à ce qu'il sache que c'était elle, la harpie furieuse qui allait le priver de sa liberté.
liberté, seule représentante de l'identité féminine (juste à cause du "la" qu'on lui a assigné), qu'il acceptait à ses côtés.
son visage a changé, à nova. ce n'était plus l'ange salutaire qui venait le libérer des poids immenses qui pesaient sur ses épaules depuis des années.
ce n'était plus l'ange gardien venu le délester des douleurs physiques aujourd'hui recouvertes par l'encre des aiguilles.
ce n'était plus que le succube avide qui venait le charmer pour qu'il se perde dans les abysses de la luxure, pour profiter de sa fortune… pour profiter de lui et le priver de son âme à tout jamais.

elle est belle, nova.
elle est belle, mais elle sera jamais elle.
celle qu'il brûle d'avoir sans jamais pouvoir y parvenir.
et nova, qui garde la tête haute. et nova, qui l'obsède grâce à sa sauvagerie. et nova, qui l'obsède à force de douceur, à force de douleur.
c'est pas une vie, de se disputer inlassablement, et d'espérer que l'un des deux fasse marche arrière. qu'il rompe ces fiançailles qu'aucun des deux ne désire. c'est pas une vie… mais c'est la leur. trop obstinés pour arrêter.
alors quand il arrive devant la maisonnée, mads n'a pas envie de rentrer.
mads ne veut pas la voir.
mads ne veut pas tenter de lui briser le cœur une fois de plus, si tant est qu'elle en ait un.
parce que si maddox n'est pas l'homme le plus agréable et le plus charmant qui soit, le plus vertueux non plus, la blesser juste par contradiction, juste pour qu'elle le libère de ses engagements ne lui plaît pas.
même si toutes les femmes ne sont que des entités perfides dépourvues de myocarde.
mais il descend de sa bécane, pose la sécurité et passe la porte d'entrée.
et s'arrête sur le seuil.
et la colère qui revient le hanter.
- c'est quoi ce manteau sur tes épaules ?
il demande, la voix plus rauque qu'à l'ordinaire ; le whisky vengeur a frappé ses cordes vocales avec un peu trop de violence, avec un peu trop de véhémence.
il jette un œil rapide sur sa montre hors de prix. il est tard. il est très tard.
- enlève ça. tu sors pas.
il l'attrape par le bras et tente de la ramener dans le salon. mads ne fait pas attention à sa force.
mads ne fait pas attention à quoi que ce soit.
mads ne pense qu'à une chose, malgré tous les ressentiments qu'il éprouve pour elle, pour sa beauté, pour sa force de caractère, pour sa façon qu'elle a d'être chiante à sa manière.
mads ne pense qu'à la protéger.
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satellite heart
MessageSujet: Re: assis au fond du bar, perdu dans le brouillard. (novamour)   Sam 17 Fév - 15:20

    C’est beau, la lumière du jour qui vient doucement se glisser au travers des fenêtres entre-ouvertes. C’est beau, l’air qui vient s’engouffrer au travers des rideaux. Ils dansent. La maison danse à son tour, légère aux pas de Nova. La maison est immense et bien trop silencieuse quand résonne le son de ses pas, Nova insouciante qui descend les escaliers en courant, drôle d’enfant. Nova elle est partout dans cette maison, et pourtant c’est à lui qu’elle ressemble.
    Chaque pierre.
    Chaque recoin.
    Chaque angle.
    Elle lui ressemble à lui, et pourtant c’est elle qu’elle enveloppe délicatement. Elle détestait l’idée de venir vivre ici Nova, l’idée d’être épouse avant d’être femme, et de devoir vivre prisonnière d’une maison qui ne serait jamais vraiment la sienne. Il suffisait de voir le regard qu’il portait sur elle quand elle franchissait la porte de la maison. Elle aurait aisément pu deviner combien il détestait l’image de ses pas foulant un sol plus important que les autres. Le sien.

    Elle est légère Nova, quand elle glisse les doigts autour de son manteau laissé à l’abandon sur la rampe de l’escalier. Elle y glisse son corps d’oiseau frêle, douce enfant. Elle doit se dépêcher, d’une certaine manière. Sortir tant que son cœur lui murmure d’y aller, sortir avant d’être attendue, sortir avant qu’il ne rentre lui.
    Elle a finit le travaille suffisamment tôt pour rentrer avant la sortie des écoles.
    Quand les enfants sortent ils y a toujours plus de monde sur les routes.
    En bas de l’escalier, son manteau glissé sur ses épaules, elle noue maladroitement ses cheveux au dessus de sa nuque et attrape son sac à dos. Aujourd’hui, des amis lui ont proposé de sortir, de les rejoindre dans un nouveau bar du centre ville qui propose des dégustations de bières artisanales au rythme de musique dont personne ne sait prononcer le nom. Ils ont proposé pour terminer la semaine, pour s’offrir la possibilité de passer du temps loin du reste du monde. Ils ont proposé aussi parce qu’ils savent que Nova ne brille pas quand elle est dans cette maison.
    Pas quand il y est aussi.
    Alors Nova s’avance, prête à sortir, prête à s’enfuir.
    S’enfuir et pourtant Nova revient, inlassablement, de peur de décevoir à nouveau la promesse paternelle. Parce qu’elle sait si bien décevoir Nova. Ne pas être à la hauteur. Ne pas prendre les bonnes décisions.  Se retrouver coincée dans un mariage dont on ne veut pas de peur de voir à nouveau le regard du père se faner.

    Et puis le bruit du moteur de l’autre côté de la porte, et Nova qui se fige sur le plancher, animal prit au piège. Elle voulait partir avant qu’il n’ai le temps de voir, n’avoir à s’expliquer que quand elle reviendrait au matin. Hausser les épaules parce que ça n’aurait plus eu d’importance. Pourtant il pousse la porte.
    Trop tôt.
    Il s’arrête à son tour.
    - c’est quoi ce manteau sur tes épaules ?
    Attrape son poignet, bien trop fort.
    - enlève ça. Tu sors pas.
    C’est fou, parfois, comme des mots peuvent faire naître ce besoin trop envahissant de hurler, cette impression d’étouffer, ce besoin de s’enfuir. Souvent quand il parle, c’est son ventre à Nova qui se noue, habité par ce monstre gémissant bouillonnant de colère. Parce qu’elle déteste sentir sa main contre sa peau, parce qu’elle déteste sa manière de parler, parce qu’elle déteste ce regard méprisant qu’il pose sur elle.
    Elle en rêvait Nova, du grand amour, de celui qui ferait naître dans sa poitrine ce bourdonnement pareil à l’envol d’une centaine de papillons colorés. Elle en rêvait, de celui qui viendrait saisir sa main pour l’emmener loin, tellement loin. Nova, belle étoile.
    Et puis Maddox.

    Il tient son bras, beaucoup trop fort. Elle est minuscule et lui tellement grand, quand il s’efforce de la ramener vers le salon ou seulement vers lui. Il pourrait la briser. Peut être que d’une certaine manière, c’est déjà ce qu’il s’efforce de faire.
    - ne me touche pas.
    Elle dit pleine d’assurance, le regard planté dans le sien.
    Maddox empeste l’alcool. Son souffle vient délicatement caresser les contour de son visage, l’assaillant de ce parfum sans scrupule de whisky trop vite avalé. Elle retire sa main de l’emprise de la sienne, recule. Il ne l’empêchera pas de sortir, pas ce soir. On l’attend autre part. C’est peut être ça, qui lui donne cette besoin d’être force et de se mesurer au futur époux. Alors Elle s’éloigne de lui, recule d’un pas puis finalement de deux, le regard posé sur ce loup affamé que l’ivresse rendrait presque pathétique.
    Alors elle sourit, douce insouciante.
    - tu es ivre maddox.
    Elle dit comme une évidence, comme le constat qu’un enfant de cinq ans aurait pu faire à sa place. Elle dit Nova, avec ce sourire dessiné sur les lèvres et cette manières pleine de dédain de le regarder. Nova animal sauvage. Parfois.
    - tu m’excuseras mais je pense garder mon manteau, il fait froid, et j’envisage de ne pas passer la soirée avec un ivrogne.
    Alors elle avance à nouveau Nova, s’approche de la porte sans plus le regarder.
    Et puis elle murmure.
    - a vrai dire, je n’envisagerai tout simplement pas de passer la soirée avec toi.
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satellite heart
MessageSujet: Re: assis au fond du bar, perdu dans le brouillard. (novamour)   Lun 19 Fév - 21:12

il a le souffle brutal. le souffle qui s’écrase contre sa peau diaphane comme des vagues contre les rochers furieux, contre les rochers dangereux.
il a les yeux fous, animal sauvage et effrayé de perdre la douce colombe, proie toute désignée, qui viendrait se nicher entre ses crocs acérés.
il a le besoin viscéral de la protéger, sans savoir véritablement de qui. de lui ? du meurtrier ? un peu des deux ?
impossible de savoir.
impossible de combattre.
et la douceur de sa peau contre la pulpe de ses doigts.
et son regard assassin plongé dans le sien.
fasciné.
subjugué.
impossible de regarder autre chose.
impossible d’oublier.
elle est belle, nova.
avec ses grands yeux océans dans lesquels il viendrait se noyer, perdu entre les vagues de ses sentiments brisés.
avec ses longs cheveux blonds qu’il imagine lui caresser le ventre, les pectoraux, le bout des lèvres, la barbe naissante… ses longs cheveux dans lesquels il passerait les doigts, qu’il caresserait peut-être même avec douceur pour ne pas la brusquer.
dans d’autres circonstances, mads aurait pu l’aimer.
rien qu’une soirée.
rien qu’une petite parcelle d’éternité.
les deux corps emboîtés, le monde agonisé, le monde oublié. les deux corps fusionnés, la passion comme seule alliée.
mais mads et nova ne s’aimeront jamais.
mads et nova ne peuvent pas ; ils ont été privé de la chose la plus chère au monde : un libre arbitre.
impossible de décevoir papa ; c’est, après tout, le seul à lui témoigner un semblant d’affection.
impossible de piétiner la chance qu’il a de prouver à maman qu’il est digne, malgré tout ce qu’elle a pu murmurer (mots-couteaux) contre le fils indigne, le fils imposé.
impossible de ressentir à nouveau ce gouffre béant dans sa poitrine, l’impression constante de ne pas mériter de vivre, de ne rien mériter du tout. les trous qui se sont créés dans la peau, le sang qui a coulé sur le sol comme une cascade qui s’échoue sur la surface lisse d’un lac.
goûtes après goûtes.
violence pour déchéance.

- ne me touche pas.
il déglutit.
il la déteste.
mais quand le cerveau est trop embrumé par l’alcool-poison, quand elle le regarde de cette manière, quand il oublie qui elle est et ce qu’elle lui a fait (le priver de sa liberté), il l’aime un peu trop fort.
il la désire de manière trop frénétique.
il aime cette manière qu’elle a de le défier… de ne jamais le craindre.
elle a raison, qui plus est : mads ne lèvera jamais la main sur une femme. les mots sont son seul atout et il lui arrive parfois d’en manquer… comme pendant ces quelques minutes de battements.
- pardon ?
il finit par questionner dans un grognement. sa prise ne se desserre pas ; s’il ne frappe pas les membres de la gente féminine, il se fiche de leur faire mal dans des cas comme celui-ci.
ne comprend-elle pas ?
ne sait-elle pas ?
ce qu’il se trame dehors.
les dangers que mads, ce batman des temps modernes, essaie en vain d’annihiler ?
il imagine son corps inerte, désaxé, le cruor ayant serpenté amoureusement dans ses veines s’éparpillant autour de sa chevelure angélique (auréole de fortune), sur le bord d’un trottoir.
sa crinière d’un blond solaire qui contraste si fort avec la saleté et l’obsidienne de l’asphalte.
et y’a ce truc étrange qui remue au fin fond de ses entrailles.
son estomac qui se contracte. la bile qui remonte le long de sa gorge.
on appelle ça de la peur.
il ne la connaît pas tant, nova… quelques maigres semaines qu’ils sont fiancés, peut-être un peu plus. mais l’idée qu’il ait échoué à la protéger le hanterait jusqu’à la fin de sa misérable existence.
- tu es ivre maddox.
il la déteste.
surtout quand elle s’obstine à l’appeler par un nom qui lui a été assigné mais qu’il n’a eu de cesse de refuser. maddox, c’est moche. maddox, ça coupe la langue. mads le fou, mads scarifié dans le palpitant.
- et ? même avec de l’alcool dans le sang, je sais ce que je fais. et ce que je fais, c’est t’empêcher de sortir.
il marmonne dans sa barbe, les opales sombres dirigées vers sa dulcinée. concentré. précis. méticuleux. il a trop bu, mais mads demeure (plus ou moins) maître de lui-même.
et ce, même si l’envie impérieuse de la faire taire de sa bouche sur la sienne vient lui vriller le crâne.
- tu m’excuseras mais je pense garder mon manteau, il fait froid, et j’envisage de ne pas passer la soirée avec un ivrogne.
la main toujours fixée à son avant-bras, il prend quand même le temps de crisper le poing de sa main libre. il respire, essaie de recouvrer son calme, essaie de ne pas imaginer des carnages. il ne la blessera jamais… mais ça ne l’empêche pas d’adorer l’imaginer quand elle ose lui parler de cette façon.
- fais attention à tes mots, femelle.
il gronde, se rapproche d’elle jusqu’à ce qu’ils ne soient qu’à quelques maigres centimètres. il lâche son bras pour poser les mains dans le creux de ses reins.
- si le froid est un problème, nous pouvons y remédier. et je ne vois aucun ivrogne ici.
il ajoute, ronronnement niché dans le creux de la gorge. les images qui défilent dans sa tête n’ont rien à y faire, et il s’empresserait de les chasser s’il n’était pas si désaxé de la réalité. il se demande même s’il n’est pas en train de rêver ce qu’il se passe… la douleur sourde qui résonne dans les os qui sont allés s’abîmer contre de la chair inconnue lui susurrent que non, mais mads demeure aveugle aux signes extérieur.
si tout ça est un rêve, mads peut peut-être s’autoriser à vivre ce fantasme étrange et malsain.
- à vrai dire, je n’envisagerai tout simplement pas de passer la soirée avec toi.
si tout ça est un rêve… mads ferait peut-être mieux de se réveiller.
surtout que la belle est parvenue à se libérer et s’approche dangereusement de la porte d’entrée.
hors de question, grogne l’instinct de mads. n’empêche que les mots le blessent un tantinet et qu’il serait tenté de la laisser se faire poignarder sur le bas-côté.
- ça tombe bien, tesoro, parce que tu n’as pas le choix.
il se glisse immédiatement entre la porte et nova, bloquant l’entrée de son corps.
- tu comptes faire quoi, maintenant ? me passer sur le corps ?
il ricane, volontairement dédaigneux. il sait que nova n’est pas facile à blesser (sachant depuis combien de temps il s’évertue à essayer), néanmoins ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas tenter. surtout après les mots durs qu’elle lui a craché au visage.
mads n’a jamais essayé de faire en sorte que ça fonctionne entre eux. il a toujours tout fait pour la dégoûter, pour la forcer subrepticement à le quitter. à tout arrêter. c’est mads qui a déclaré cette guerre ouverte qu’ils ne cessent de se disputer depuis lors…
mais à quoi ça sert, après tout ? ils sont enchaînés l’un à l’autre pour le restant de leurs jours… et ça vaut peut-être mieux que cette obsession malsaine qu’il éprouve pour une femme qu’il n’aura jamais à ses côtés.
s’il cessait d’y penser, peut-être qu’il pourrait aimer nova. peut-être qu’il pourrait essayer.
peut-être que ça pourrait marcher.
ou peut-être que ça marchera jamais, deux entités aux antipodes l’une de l’autre.
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satellite heart
MessageSujet: Re: assis au fond du bar, perdu dans le brouillard. (novamour)   Mar 20 Fév - 19:01

Dans d’autres circonstances, elle aurait sûrement pu l’apprécier Maddox. Dans d’autres circonstances, elle aurait pu apprécier les différentes tempêtes dans ses yeux à lui, et cette manière qu’il pouvait avoir de lui brûler l’épiderme d’une simple pression de doigts. Au début, avant même de savoir qu’ils seraient destinés à partager un même destin matrimonial, elle avait aimé sa manière de lui sourire dénuée de subtilité. Il l’avait fait rire. Il lui avait fait ressentir cette douce liberté à laquelle il aspirait.
Et puis tout avait changé.
L’engagement,
L’impossibilité respective de trahir des parents désireux de les voir heureux.
Elle aurait voulu lui dire à son père, tellement de fois, que ce mariage ne la rendrait jamais heureuse. Qu’il l’empêcherait de partir, bien sûr, mais qu’il ne la rendrait jamais heureuse. Parce que son futur époux n’était pas heureux non plus.

Sa main accrochée à son bras, elle sait qu’il finira par la laisser partir.
Maddox est un de ces loups qui hurlent mais ne dévorent jamais la proie.
Alors Nova n’a plus peur. La première fois qu’il a bondit, monstre dans son habit de prince, elle s’était retrouvée habitée par l’envie trop puissante de disparaître, de s’enfuir, de ne plus jamais croiser sa route de peur qu’un jour il ne la blesse. Mais Mads ne l’avait jamais blessé. Maddox parfois, par ses mots. Mais Nova s’en sortait indemne, brebis s’amusant de l’ivresse pathétique du loup.
Elle aurait pu l’aimer, passionnément.
Elle aurait pu poser ses lèvres contre les siennes, et effleurer la douceur de sa peau.
Elle aurait pu.
Mais il tient son avant bras, il pose sur elle ce drôle de regard, animal. Et elle sait qu’elle ne l’aimera jamais suffisamment. Jamais pour qu’il ne cesse de lui en vouloir de l’avoir privé de sa douce liberté. Jamais pour qu’il ne la regarde autrement que comme cette femme qui foule un sol qui n’est pas la sien, et qui un jour portera un nom qu’il aurait sûrement préféré ne jamais avoir a partager.
- fais attention à tes mots femelle.
Il dit, il gronde, et elle s’apprête a rire de ses mots d’un autre temps quand elle sent la pression autour de son bras se défaire. Il la libère. Un instant, à peine. Il la libère, son visage à seulement quelques centimètres du sien, avant de venir marquer le creux de ses reins de l’emprunte de ses mains. Il brûle. Et son coeur à Nova, il s’emballe, tellement fort qu’elle craint d’en perdre le contrôle, juste un instant. Elle sent sa respiration, tellement proche, et ses mains, accrocher là où elles ne devraient pas. Sa peau brûle de sentiments trop contradictoires.
- si le froid est un problème, nous pouvons y remédier, et je ne vois aucun ivrogne ici.
Maddox sait être destructeur, mais ce soir, elle le trouve différent Nova.
C’est peut être ses yeux qui le feraient paraître fou si on s’y attardait suffisamment longtemps.
C’est peut être son souffle tellement teinté d’ivresse qu’il le fait paraître si lointain.
C’est peut être son ventre à elle qui tente de canaliser ses papillons qui s’agitent, lui murmurant de coller ses lèvres contre les siennes pour le faire taire et laisser voir ensuite.
Mais elle ne le fait pas Nova. Dans un instant d’inattention, elle s’échappe, animal fragile à la merci du loup qui pourtant se confère l’assurance de s’enfuir jusqu’à rejoindre la porte. Elle va l’ouvrir et disparaître. Si elle va suffisamment vite, il n’aura pas le temps de l’arrêter.
Mais il est là.
Entre la porte et elle.
Tellement grand et elle tellement minuscule malgré la mer qui s’agite dans ses yeux.
- ça tombe bien, tesoro, parce que tu n’as pas le choix.
Elle le déteste, tellement fort.
- tu compte faire quoi, maintenant ? Me passer sur le corps ?
Elle le déteste de l’entendre rire.
Alors elle s’imagine un instant marteler son corps de coup, le bousculer, lui hurler de disparaître de sa vie, qu’il n’est bon à rien si ce n’est détruire ce qui n’a jamais été construit. Elle voudrait lui hurler combien elle déteste entendre le moteur de sa bécane dans l’allée quand il rentre, combien elle déteste devoir manger assise en face de lui. Elle voudrait lui hurler combien elle déteste quand il n’est pas là, parfois, et combien elle déteste le fait se pouvoir trouver amusant ses attitudes trop pleines de provocations.
Parfois il la fait sourire, mais ça elle s’abstient bien de lui dire Nova.
Ce soir, quelque part, il y a cette voix pleine de paradoxe qui lui murmure que s’il ne la laisse pas partir, c’est qu’elle n’est pas si insignifiante que ça.

Drôle de Nova qui sourit et s’approche de son ravisseur.
- c’est ça que tu veux mads, que je te passe sur le corps ?
Sa main elle vient délicatement se poser contre sa joue. Elle a la main froide Nova, tout le temps, même quand il fait chaud. Il a la peau chaude Mads, peut être réchauffée par le whisky qu’il a du boire plus tôt. Il a la barbe mal rasée qui vient griffer ses doigts porcelaine.
Alors elle approche son visage du sien. C’est déstabilisant, de réaliser a quelque point cette proximité vient chambouler le doux ronronnement habituel de sa respiration. Elle s’emballe. Elle s’arrête. L’air en viendrait presque à lui manquer et pourtant elle continue de s’approcher jusqu’à ce que son visage ne vienne effleurer le sien.
C’est lui qui a écrit les règles du jeu après tout.
- je veux bien faire semblant d’être ta femme Maddox, je veux bien rire à tes blagues quand ta famille est la même table que nous, mais jamais tu ne me passeras sur le corps. Tu peux m’empêcher de sortir cent fois si tu je veux, je sortirais toutes les fois suivantes.
Il ne la blessera pas, pas ce soir.
Il ne blessera pas, sûrement même jamais.
Parce que pour la blesser, encore faudrait il qu’elle lui donne accès à son coeur.
Maddox il est comme ce mariage, un moyen de ne pas partir tout de suite.
Pas trop tôt.
Mais elle partira Nova, un peu plus tard.
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